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Et si penser autrement était possible

Archive pour la catégorie 'Sociopolitique du Burkina'

Enfin le dénouement !?

Posté : 1 avril, 2011 @ 4:29 dans Sociopolitique du Burkina | Pas de commentaires »

Depuis hier mercredi 31 mars 2011, le Président du Faso, a commencé sa rencontre avec les différents protagonistes des échauffements du climat sociopolitique qui prévalent au Burkina Faso depuis plus d’un mois. Ce fut d’abord les différents acteurs du monde de la justice qui ont été reçu en premier lieu et ensuite le groupe des militaires manifestants (les soldats, les officiers et les sous-officiers).
En effet, il ressort de la rencontre avec ceux de la justice un point essentiel qui est le retour des militaires précédemment libérés en réclusion en guise du rétablissement de l’ordre judiciaire bafoué. Cependant, les mots du ministre de la justice, Jérôme Traoré qui parle de complexité de la situation restent équivoques et ne montrent en rien quant au respect de la volonté de ces hommes de justice.
Quant aux militaires, ils ont préféré ne pas révéler le contenu essentiel de leur rencontre avec le Président du Faso, mais affirment être satisfaits des propositions du Président et appellent la population à un esprit de sérénité.

N’oublions cependant pas de revenir en rappel sur les évènements survenus depuis la nuit du mercredi 30 mars 2011.
D’abord la mutinerie des militaires au camp Lamizana à Ouagadougou (seconde reprise de tirs de manifestation) et des militaires de Gaoua survenue dans la nuit du mardi au mercredi 30 mars 2011. Les conséquences de cette mutinerie à Ouagadoudou se résument essentiellement aux attaques des domiciles du ministre de la défense Yero Boli et du maire de la ville de Ouagadougou Simon Compaoré qui serait dans un état critique pour avoir reçu des coups de la part des militaires. Ensuite, la mutinerie des militaires de Bobo-Dioulasso intervenue ce même jour dans l’après midi juste après le message du Président du Faso sur la crise sociopolitique actuelle.
Mais également la manifestation des élèves à Tenkodogo le mercredi 31 mars 2011 qui s’est soldée par l’attaque du gouvernorat de la région, du siège du CDP (parti au pouvoir), des domiciles des ministres des affaires étrangères Alain Yoda et de l’enseignement de base et de l’alphabétisation Marie Odile Bonkoungou.

Cette série de rencontres du Président avec les différentes couches sociales va-t-elle aboutir à une véritable et durable paix sociopolitique ? La question reste posée au sein des burkinabè avec un optimisme béat quant à cette paix sociopolitique véritable et durable tant recherchée depuis des années.

Alerte à l’impasse !

Posté : 30 mars, 2011 @ 11:28 dans Sociopolitique du Burkina | Pas de commentaires »

L’atmosphère socio-politique burkinabè connait depuis un certain temps des troubles divers de nature à remettre en cause la sérénité et la quiétude sociale. Ces différents troubles nés suite à la mort de l’élève Justin Zongo (pour les élèves et étudiants), au vandalisme et au pillage de leur commerce par des militaires (pour les commerçants) et à la condamnation de certains militaires (pour les militaires). Les deux premiers de cas de manifestations qui ont connu une accalmie semblent progresser vers une issue paisible. En témoigne la réouverture des écoles et universités et les rencontres entre autorités et commerçants pour la recherche de solutions.
Cependant, c’est encore la fanfaronnade militaire à travers des revendications qui reste d’actualités. En effet, le comportement malheureux et regrettable des militaires du camp Lamizana survenu dans la nuit du mardi 22 mars 2011 pour réclamer la libération de cinq des leurs condamnés suite à une décision de justice, est devenu aujourd’hui comme une jurisprudence militaire si on peut le dire ainsi, pour ces hommes en uniforme. Cette controverse militaire de la justice tenue à Ouagadougou a motivé les militaires du 32è bataillon d’infanteries de Fada à exiger le lundi 28 mars 2011, à leur tour la libération d’un des leurs condamné pour viol. Ce rejet systématique des décisions de justice par les militaires emmène aujourd’hui à s’interroger. Est-ce parce qu’ils sont au-dessus de la loi ? Est-ce parce qu’ils veulent protester pour protester ? Ou est-ce parce qu’ils protestent pour d’autres fins non encore révélées et ils évoquent l’alibi de la libération de leur camarade comme cause de ces grognes, sachant bien que ces derniers ne sont pas victimes des décisions de justice rendues. Il est à savoir pour ces militaires, si ce n’est pas le cas, que cette contestations des verdicts n’est pas dirigée contre seulement ces magistrats de nos tribunaux, mais aussi contre le Président du Faso, qui reste le premier magistrat. Si cette colère des militaires est aujourd’hui préoccupante, les raisons honteuses qui se rapportent toujours à la femme restent malheureusement déplorables. Des aînés irresponsables et sans scrupule qui s’adonnent à cœur joie aux yeux de leurs enfants, de leur femme, de leurs parents, de leurs amis à des scènes d’adultères, d’infidélité, d’abus sexuels, de coups de force sexuels, tous ces actes de perversion indignes d’une personne de leur rang. Et l’on veut réclamer le salut du peuple pour incivisme, manque de loyauté et immoralité. Cette méconnaissance du sens républicaine, si tel est le cas, prouve que la formation que reçoivent nos hommes en uniforme reste incomplète, inadéquate et non concordante avec une société civilisée. L’armée souhaitée par les populations est celle là même qui exalte la morale et le civisme militaire excluant toute prétention barbare susceptible de remettre en cause la bonne image d’une armée républicaine et responsable.

Aujourd’hui, cette réaction équivoque des militaires crée une grande peur au sein des populations et les obligent à croire qu’il y aurait une bombe à retardement dans le pays. Si tel est le cas, les différents responsables réussiront-ils à désamorcer cette bombe à travers une gestion responsable des différentes crises survenues depuis lors, un assainissement au sein de l’armée et de la justice ? Explosera-t-elle à la suite d’un échec de solutionnent véritable ? Maintenant ? Ou à une date qui reste inconnue ? Toutes ces questions restent posées par les burkinabè, sans réponse peut-être, mais avec un grand souhait d’éviter l’impasse.

La constance d’un régime

Posté : 28 mars, 2011 @ 6:52 dans Sociopolitique du Burkina | Pas de commentaires »

Comme d’aucuns ont eu à le dire (et continuent de le dire) à travers des écrits, au cours de meetings politiques, pendant des interviews, des conférences de presse, des causeries entre amis, etc, le Burkina Faso depuis bien longtemps jusqu’à aujourd’hui est soumis à un système de gouvernance rythmé par une approche à la fois révolue et cyclique. Révolue par le fait que cette approche regroupe des méthodes qui nous ramènent à une époque ‘’néolithique’’ et dont l’application dans nos contextes actuels ne concordent pas ; cyclique parce que cette façon ancienne du gouvernement de diriger le pays est restée routinière au fil de toutes ces années, ce qui nous laisse constater un immobilisme quant à la résolution des problèmes des populations à travers un véritable programme de développement général qui reste toujours un vœu.
Effectivement, cette réalité qui ne souffre d’aucune démonstration, tellement perceptible, rend indigné le peuple burkinabé dont l’espoir de voir un Burkina nouveau pour son épanouissement est à perte de vitesse.

Si une chose est d’aller aux élections, parce qu’on est dans un système politique qui se veut démocratique sous-entendant laisser au peuple le libre choix de son président, une autre chose est d’organiser ces élections en vue de sa crédibilité dans sa phase concurrentielle que dans sa phase pratique. Cependant avec un gouvernement au pouvoir depuis environ un quart de siècle et qui ne montre aucune intention de quitter le pouvoir, qui manipule et conditionne son peuple par la pauvreté et l’obséquiosité, il est d’avance clair que les résultats finaux de ces ‘’élections démocratiques’’ ne soient pas vraiment démocratiques, rien qu’à porter un regard sur la phase concurrentielle lors des campagnes électorales et sur la phase pratique le jour même des élections. Et on est surpris lorsqu’un gouvernement est emmené au pouvoir par plus de 80% de la population votante et contesté le jour suivant par ‘’90%’’ de cette même population votante et ‘’90%’’ de la population non votante (non votante pour une raison ou une autre). Et depuis des années, au Burkina Faso, des victoires ‘’démocratiques’’ écrasantes conduisent les populations des différentes couches socio-politiques à des manifestations de contestations : véritable paradoxe électoral démocratique. Autre résultat : un gouvernement dont les membres ne sont pas nommés par mérite, pour leur capacité à pouvoir bien gérer tel ou tel poste ministériel, mais plutôt par reconnaissance d’une démonstration obséquieuse en véritable rampant du ministre nommé envers un certain homme puissant et influent du pays.
Bien malheureusement, c’est la population ultra majoritairement pauvre qui subit les dérives de ce cafouillage politique.

Une vie chère de jour en jour exacerbée à laquelle il est quasiment impossible de trouver des solutions durables bat son plein dans un contexte socio-politique truffé de manifestations enchainés découlant de l’irresponsabilité et de l’incapacité du gouvernement à résoudre les crises mais de les déplacer comme de coutume tout en sachant consciemment que cette méthode de résoudre des crises en crée toujours d’autres.
La récente et actuelle affaire Justin Zongo, ce jeune élève, qui à trouvé la mort dans une réalité foncièrement médiocre est ici un exemple admis. Le refus des autorités de rester dans les limites de la vérité afin de contourner la réalité évoque la méningite comme cause de la mort du défunt élève. Conséquences : manifestations des élèves et étudiants sur la presque totalité du pays pour réclamer vérité et justice pour leur camarade tué. Aux autorités de riposter par la brimade des manifestants avant de passer à la fermeture des écoles, des universités et des œuvres sociales universitaires (cités et restaurants universitaires, allocations des bourses, etc.). Cette réaction de ‘’tout fermer’’ à chaque fois qu’il y a manifestation de protestation, qui reste d’ailleurs un droit, a emmené une fois de plus les étudiants à dormir à la belle étoile le ventre creux, comme en 2008, et bien avant.
Nos autorités apparemment inanimés du moindre souci de l’avenir de sa jeunesse (ne parlons pas des faux programmes organisés en faveur des jeunes, ne parlons pas du forum annuel des jeunes lors duquel les questions adressées au Président du Faso sont rédigées auparavant par les organisateurs, etc.) les soumettent à des conditions inhumaines afin de pouvoir mieux les contrôler et les utiliser à leur guise. Elles s’attèlent à montrer à travers les médias d’Etat cette jeunesse comme seule responsable de ces évènements malheureux. Et aux personnes encore ignorantes ou qui refusent de voir la réalité d’en ajouter, en de bons contempteurs, en traitant ces jeunes de tous les qualificatifs dépourvus d’appréciations.

Quoi de plus normal, salutaire et objectif que de critiquer en toute objectivité afin de montrer les failles, pour une prise de conscience collective en vue d’atteindre une véritable paix socio-politique. Ne racontons-nous pas assez souvent que cette crise ivoirienne qui veut devenir aujourd’hui une guerre civile a eu comme précédent des évènements exactement pareils aux différentes crises que traverse le Burkina. Ne dit-on pas qu’une accumulation de frustrations peut conduire à des révoltes incontrôlables débouchant à des crises profondes.
Dans ce contexte de crises à travers toute l’Afrique, dirigées contre des gouvernements fondés sur une démocratie déguisée par conséquent fausse, contre des régimes dictatoriaux qui confisquent le pouvoir pendant des années, ce gouvernement burkinabé gagnerait à modérer ses prétentions et à changer ses méthodes vieillies de diriger ce pays si toutefois la paix reste une priorité. Il n’y a rien de honteux à corriger ses erreurs et d’œuvrer à aller au-delà de ses limites. Nous ne sommes pas encore arriver au stade d’une crise socio-politique profonde sans issue, mais nous n’en sommes pas loin. Il appartient aujourd’hui aux autorités de rétablir l’ordre en tenant des discours apaisants en lieu et place des discours guerriers, mais également de reconnaître le peuple en tant qu’une entité d’hommes munis de droits divers. Cette vérité et justice revendiquées pour des crimes de sang commis hier et aujourd’hui constitue un facteur primordial pour une paix véritable et durable au Burkina Faso.

 

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